Si Luang prabang était un homme elle prendrait surement le visage d’un vieux sage aux yeux rieurs. Paisible, enjouée, aux aires de celle qui sait, de celle qui a vécu. Considéré par beaucoup comme la plus majestueuse ville d’Asie, c’est au confluent des fleuves du Mékong et de la Nam Khan dans le nord du Laos que l’ancienne capitale royale du pays déploie ses charmes et se targue de surprendre ses visiteurs en nous racontant son histoire. L’histoire du royaume de Lane Wang qui a donné naissance au Laos d’aujourd’hui.  

Un saut dans le passé pour comprendre le vieux sage

Pour remonter aux toutes touuuuuutes premières traces du Laos (mais vraiment il faut le vouloir) l’histoire nous enverrait dix milles an en arrière. Précisément à Savannakhet avec les ossements de dinosaures  retrouvés autours des vestiges égnimatiques de la Plaine des jarres. Ossements qui permettent donc de dater l’époque car bien évidemment elles ne sont pas arrivées toutes seules ces jarres. C’est ensuite vers le Ve siècle après J-C que l’histoire nous envoit. On la retrouve à Champassaka u Sud du Laos avec le très connu site Vat Phou témoins de la civilisation  hindoue et bouddhisme apporté par le royaume khmer primitif (Les gars du Cambodge).  

Bien que ces deux témoins de l’histoire soient aujourd’hui des sites emblématiques du Laos, à l’époque ils n’étaient que des graines de Laos parsemées par ci par là. C’est V R A I M E N T au XIVe siècle que l’on rentre dans le vif du sujet. La grande histoire du pays débute avec l’arrivée des populations thaïes de la Chine du Sud autour du site de Luang Prabang au Nord du Laos.

En 1353 est fondé le royaume Lane Xang,  le royaume aux 1000 éléphants, car avant il y en avait beaucoup, et qui devient le premier royaume posant les bases du Laos que l’on connait. Avec à sa tête le roi Fa Ngum, le bouddhisme s’implante définitivement au Laos et Luang Prabang devient la capitale de la cité impériale.

Deux siècles plus tard et sous l’impulsion du roi Setthathirat le royaume de Chiang Mai au Nord de la Thailande est annexé. Nous sommes alors à l’apogée du royaume de Lane Xang et en 1563 la capitale du royaume est ainsi logiquement décentralisée. Luang Prabang cède son statut à l’actuelle capitale qu’est Vientiane.

 

 

Dans cette première brèche de l’histoire, la monté en puissance puis le déclassement de Luang Prabang symbolise alors la monté en puissance du Lane Chang.

Injuste dirons nous ? Il n’en sera pas toujours ainsi, la roue tourne tourne …
(Et oui à l’heure où l’article s’écrit, petit malin, je suis à Chiang Mai).

Rester digne en toutes circonstances.

Par la force des chose, la royaume de Lane Xang s’éffondre en 1694. Si Luang Prabang aura courbé l’échine a de nombreuses reprises devant ses envahisseurs, la vieille cité imperiable demeure un royaume indépendant et coexiste seulement avec le reste du territoire laotien jusqu’en 1975. 

En parallèle dans le reste du Laos : Une fois que le Laos aura cessé d’être dominé par les thailandais (XVIII siècle), occupé par les japonais (1940 – 1945), colonisé par les français (protectorat de 1893 – 1949) et prit le pour théâtre de guerre des américains lors de la guerre du Vietnam, une fois tout ça, l’histoire continue. Enfin,  en 1975, le Laos devient officiellement le Laos avec son peuple bien à lui et son indépendance pardi. 

Briller en société : Luang Prabang doit son nom au buddha cingalais Pha Bang qui siège au musée national du palais royale de la ville. La statue de 82 cm en or presque pur aurait été crée au Sri Lanka au premier siècle de notre ère. Elle représente l’altitude, l’abbayamudra (enfin tu vois un truc en a), soit l’absence de crainte. Offerte une première fois aux khmers – Les p’tits potos du Cambodge, vous vous souvenez au Vème siècle ? –
Ils en ont eux même fait dont au roi Fa Ngum. A 2 reprises les siamois n’ont pas pu s’empêcher de ramener la statue à Bangkok mais on finit par la restituer officiellement au Laos en 1867. La victimisation, ca va un temps.C’est ainsi que de Pha Bang, par dérivation, est née Luang Prabang. Le même principe que le téléphone arabe version ville en soit.

75, année érotique communiste !

En 1975, Luang Prabang reconnecte violemment avec le reste de l’histoire du Laos et être de nouveau le symbole d’un tournant historique de son pays.

En 1975, la victoire des communistes au Vietnam contre les américains permet au mouvement communiste du Pathet Lao* de renverser le roi de Luang Prabang , Monieur Savang Vatthana et ainsi prendre le pouvoir. Le roi Savang Vatthana et la reine Khamphoui abdiquent le 2 décembre 1975. La cours royale est chassée de Luang Prabang et la République Populaire Démocratique du Laos (RPDL) est alors créée avec un régime de parti unique, mené par le prince Souphanouvong.  Au passage, ce régime provoquera l’exil d’environ 300 000 personnes, soit 10% de la population laotienne. Et le couple royale de Luang Prabang ?  Ils finiront pas être enfermés dans une grotte au nord-ouest du pays où ils mourront en 1980. 

MAIS, pour terminer sur une note positive, en 1995 Luang Prabang recoit tout de même un lot de consolation pour l’ensemble de son pays. En 1995, l’ancienne cité impériale est inscrite au … P A T R I M O I N E  M O N D I A L DE L’UNESCO ! 

Alors heureux ?

*Le Pathet Lao, groupe révolutionnaire communiste, est créé en 1950 par le prince rouge, le prince Souphanouvong qui s’installe alors dans le Nord du Laos, à Sam Neua.

Ville moderne où les Belgium fried sont au menu 

Parce qu’on est pas venu ici pour souffrir, ces péripéties historiques confèrent aujourd’hui à Luang Prabang un héritage culturel unique. Celui qui à le pouvoir de te propulser dans un passé lointain à la vue du Mont Phu Si et sa stupa doré tout en restant tranquillement dans ton temps à siroter une Laobeer en terrasse.  

Aujourd’hui, les effluves bouddhistes émanent des temples qui tronent en son centre, les odeurs de baguettes françaises circulent dans la Sisavangvong, rue principale de la vieille ville et les bars à cocktails prennent des aires aguicheurs.  L’équilibre est respecté Tout est bien qui finit bien, Luang Prabang coule des jours heureux, prête à nous accueillir pour accéder à nos envie de temples, nourritures et festivités.  

> Pour en savourer pleinement une virée à Luang Prabang c’est ici.