Vivre d’offrande et de médiation, tel est le quotidien des moines bouddhistes. Un mode de vie qui se concrétise notamment au moment du Tak Bak où tous les matins à l’aube les moines se déploient dans les rues  de la ville et vont à la rencontre des laotiens pour récolter les offrandes.

A Luang Prabang, capitale culturelle du Laos, le Tak Bak est bien évidemment très présent dans le quotidien des laotiens. Un rite qui annonce donne le lancement de la journée. Les rues sont silencieuses, le jour se lève et il y règne une quiétude appréciable pour débuter la journée sereinement. En théorie. Le rite est si minutieusement respecté que les touristes veulent y assister en l’ajoutant à la liste des « attractions à faire ». C’est là que ça finit par coincer. Ce qui est censé être un moment d’échange et de partage de culture divise à présent plus qu’il ne rapproche chez les laotiens. A Luang Prabang du moins. Et on l’explique très facilement. 

 

La procession des moines doit se faire dans le silence et calmement.

Pour re situer : Le Tak Bat est l’occasion pour les habitants de témoigner respect et gratitude aux moines de la ville qui prient pour eux. C’est aussi le moment de se faire pardonner ses pêchés à travers l’offrande. Les locaux s’installent donc à un point de passage dans la rue, étalent un tapis pour s’y agenouiller et attendent patiemment le passages des moines à leur niveau.  Pour les moines c’est le moyen de se nourrir car le bouddhisme veut qu’ils ne se nourrissent que de l’offrande de la population. 

TOURISTES TENEZ VOUS : Nous ne sommes pas les premiers visiteurs à vouloir assister à la procession des moines et certains se sont montrés déjà bien trop irrespectueux envers ce rituel. Oubliant leur savoir vivre, se comportant comme des sauvages affables de LA photo à sensation, le grain de riz qui fait débordé le bol à déja été lancé.  Cela pose aujourd’hui problème car certains moines et locaux ont décidé de ne plus participer à la cérémonie. ILS NE NOUS SUPPORTENT PLUS. Ou plus précisément, ce sont les flash à outrance et la curiosité déplacée des touristes qui est vécu comme une offense.  Et franchement, F R A N C H E M E N T, pour en avoir été témoin, tordre le cou à un ou deux pseudo photographes démange parfois. Après avoir littéralement barré le passage à des moines, c’est limite si certain sauteraient pas dans les bras du moine pour toper un selfie. Et qu’est ce qu’il ne faut surtout pas faire avec un moine ? LE TOUCHER.

Celui ci, là en bas, fait partie des pépites.
Il y va à fond on ne pas lui retirer ça

 

Bien sur, cela s’applique surtout la rue centrale de Luang Prabang au départ du Night Market qui est de fait plus fréquentée par les touristes. Le mieux est de s’en éloigner pour profiter en toute sérénité de la procession qui passe par toutes les rues du centre ville. 

PARTICIPER : On peut également y participer si on le souhaite. Des vendeuses ambulantes proposent des offrandes à acheter pour quelques euros, généralement du riz collant (sticky rice qu’on dit) protégé d’une feuille de bambou. Pour faire son offrande, faites comme les locaux. Agenouiller vous le long du passage, près d’un local comme ça vous êtes sur de pas vous planter et veuillez à vous couvrir les bras et les jambes comme le veux la coutume. Bien sûr… les photos avec flash en plein milieu du passage, on oublie. La dernière poilade à raconter, ça sera pour plus tard. Ici on reste calme. 

 

 

CONSEIL : Procession de moine + Mont Phu Si = Bon programme !


On ne se lève qu’une fois pour profiter des privilèges de l’aube, à l’abris des touristes et de la chaleur.