Véritable centre névralgique d’Hanoï, le marché de Dong Xuan est un marché tenu par des locaux pour des locaux. Situé a la porte du Old Quarter center il est pourtant isolé voire boudé du reste de l’activité des 36 corporations. Des matières premières aux produits « frais » et cuisinés du quotidien, on y trouve tout ce qui forme la base de la culture vietnamienne sauf… du touriste.

La fréquentation : une sélection naturelle

Séparé du reste du quartier historique par quelques rues sales et sinueuses, une barrière évidente se fait au sein même du vieux Hanoi. Pas besoin d’une map pour savoir où elle se situe, votre nez vous le dira bien assez tôt. La zone de flottement avec le reste de l’hyper centre touristique est mince, on parle de quelques centaines de mètres mais l’odeur… doux Jesus, ça empeste !

A l’approche des rues du marché, on est saisi par une odeur de poisson mi-séché mi-pourrie mêlée à celle d’une coriandre macérée trop longtemps au soleil, le tout englobé d’une odeur de fond de friture. Naturellement, cette stimulation des sens olfactifs est dissuasive pour les touristes sensibles de la narine. On ne parlera pas des effluves de jus de poubelles qui s’amusent à nous chahuter okazou on a pas compris où on est. C’est la guerre des sens ici ok ? Avec ça, rien d’étonnant à ce que le marché de Dong Xuan soit essentiellement fréquenté par les locaux, les vrais, ceux qui ont le pif bien dur.

Pour sûr, il n’est pas coutume pour un hanoïen de voir un étranger se balader dans les rues du marché. Et c’est surtout au rayon poisson et viande qu’a m’a mine déconfite, les regards intrigués et amusés se posent sur moi. Quoi que bienveillant,  ma présence et mes photos s’apparentent davantage à une intrusion. On est pas des bêtes.

NOTE : Le détour vaut vraiment la peine, il donne une vision plus réaliste de la chaîne alimentaire de la ville et dans quelles conditions les produits sont faits. La plus grosse surprise est peut être au niveau des espèces que l’on y trouve mais qu’on ne retrouve pas dans nos assiettes.

                           Ceci est une tortue.

Le vivier d’Hanoi

Pour faire simple, à Dong Xuang, ça grouille de partout. Une fourmilière. Avec par moment des vagues de scooters, le marché est un centre de ravitaillement pour les locaux. Les vendeurs ambulants y refont le pleins avant de repartir aux affaires et la majorité des produits frais sont destinés à la vente en gros. En tant que vivier de ce grand vivier qu’est la capitale, nombreux produits que l’on retrouve dans nos assiettes et à déambuler dans les rues proviennent sûrement de ce marché.

On y mange sur le pouce aussi mais les places sont restreintes. Vraiment le bon plan pour une assiette locale et un décor typique de typique.

S’y rendre c’est ouvrir une brèche dans le quotidien des locaux. Ceux qui gagnent leur croûte autour de la food mais c’est sans compter sur la manne touristique de la ville. C’est aussi confirmer les clichés selon lesquels les vietnamiens raffolent de la friture et de la coriandre et … c’est comprendre pourquoi il est déconseillé de manger du poisson frai et des légumes non cuits. Car oui, vous l’aurez compris, niveau hygiène le marché ferme au premier contrôle sanitaire. Bien sûr on est à Hanoï, on est au Vietnam, ça n’arrivera pas avant la descendance de la descendance de la descendance de ma descendance. En somme, ça n’arrivera pas à avant très longtemps.

Briller en société : Comptant parmi les 5 plus grands marchés de Hanoï, son activité est articulée autour de la halle centrale construite du temps de la colonisation française (Vers 1880). Presque détruite par des incendies puis rénovée, la halle est de ce fait une curiosité touristique qui à son accès direct (pas besoin de traverser les bas-fonds du marché pour s’y rendre donc). Autour, les échoppes sont forcément plus théâtralisées que le reste du marché mais on reste dans le vrai. Et puis c’est plaisant, c’est zolie, tout le monde est content et les locaux qui le souhaitent restent peinards entre eux.


Alors, on a les cros maintenant ?