Je n’ai pas perdu les eaux mais presque, le compte à rebours est lancé, dans quelques minutes je virerai au rouge. Il me faut un tampon ET TOUT DE SUITE. Le regard aux aguets, en proie à une panique devenue trop familière et alors que les premières sueurs froides arrivent, je fais un gros effort de concentration pour porter mon attention sur les étales des échoppes que sur ce qui se passe dans ma culotte. Avec la chaleur qu’il fait, un simple short en jean me recouvre le derrière et je n’ai rien dans mon sac pour m’entourer la taille en cas de vraie situation de crise. Qui aurait cru que les visites de mère nature en Asie seraient une telle source de stress. Je marche dans la rue mais que je sois dans dans les villages reculés du Laos, dans les stations balnéaires de Birmanie ou dans les gros spots touristiques de Thailande,  l’histoire se répète, la problématique revient martelée à ma porte : OU TROUVER UN  ***** de TAMPON EN ASIE ? 

Je savais bien qu’il fallait se montrer vigilante ces jours-ci, quelle cruche, elle me guettait dame nature et je me suis encore fait avoir. Je vais encore passer une heure cuisses serrées à chercher ses fichues tampons.

REACTIONS DIGNES DES FICTIONS 

Il n’est pas bon d’avoir ses règles en Asie. Les solutions qui nous sont proposées pour éviter le bain de sang sont la plus part du temps des serviettes hygiéniques qui ressemblent plus à des couches qu’à des serviettes. Et encore celles-ci, faut-il encore les trouver.

Un véritable challenge de bien vivre ses règles à vrai dire. C’est comme ci il y avait une malédiction qui guettait tout local* assez audacieux pour évoquer ce sujet en Asie. Ça pouffe*, ça baisse les yeux, ça rougit, certaines prétendent même ne pas comprendre, répondant en anglais qu’elle ne parle pas anglais (?!) quand je demande où est ce que je peux trouver de quoi gérer mes règles. Et encore je n’ai pas encore évoqué les tampons et la gestuelle explicative qui va avec, surtout pas. Faire le test en public serait surement très osé, je me dis que c’est un coup à se prendre un coup de tatane dans la face et d’en faire tomber une autre dans les pommes.  Non j’évoque juste le mot PERIOD. Mais qu’est ce qui cloche avec les règles en Asie, on se croirait dans Harry Potter quand un dingo évoque le nom de VOL DE MORT. 

* Combien des fois j’ai eu envie de répondre, arrête de pouffer, on ne parle pas politique et conviction, on parle de toi, de moi, de notre quotidien de tous les mois et là je suis dans la mouise ma chérie. Alors au final… arrête de pouffer. 

Je me surprend à espérer qu’une commerçante de rue va finir par me vendre les tampons qu’elle cache dans le tiroir de sa caisse pour « clients spéciaux » mais non. Les réactions sont dignes d’une fiction mais la réalité n’a pas encore l’antidode caché sous le manteau. A mon grand regret, la mafia du tampon n’existe pas. 

Ce qui est certain c’est que les femmes asiatiques ont beaucoup de pudeur sur ce sujet et l’évoquer met la majorité d’entre elles très mal à l’aise. Bien sur, personne n’a envie de faire des règles un moteur de conversation et encore moins avec un inconnu mais l’Asie alimente le déni. Comme si ça n’existait pas ou seulement dans un monde parallèle qui n’est pas celui dans lequel tu te trouves.

PETITE PRECISION : Par l’Asie, j’entend la Birmanie, le Laos, le Vietnam et la Thailand mais force est de constater que c’est 4 pays représentent en réalité les 4 palliers des pays asiatiques tournés vers le tourisme occidental. Alors que la Birmanie commence seulement à comprendre les besoins occidentaux du quotiden, le Laos a eu le temps de les observer, le Vietnam y est famillié et la Thaïlande les a assimilé et exploité depuis une bonne trentaines d’années. Pourtant ils sont tous égaux et patauchards face à une thématique féminine universelle : LES REGLES. On est proche de l’estimation fidèle à la réalité.

*ATTENTION : À  l’évocation de ces deux mots : féminin et universel, certains peuvent s’empresser d’applaudir ou de crier au féminisme – Pas de ça ici. Simplement, personne n’échappe aux règles alors pourquoi la femme d’Asie en fait un tel tabou ? Vouloir surfer sur les tendances de la femme occidentale en s’enfermant dans les codes de bienséance d’un temps révolu ? Se compliquer la vie avec de la pudeur mal placée ? Ça n’a pas de sens. Et là dedans, la backpackeuse n’attend qu’une chose, enfiler un maillot et s’en aller faire la sirène. 

DEPASSER L’OMERTA

Il sera tout de même possible d’aller se baigner à la piscine de l’hôtel sans faire la pieuvre. Les tampons en Asie ça se trouve mais tout est une question d’anticipation. Pour les serviettes hygiéniques on en trouve systématiquement dans les 7ELEVEN où chez les marchants de rues dans les zones en retrait des villes. Pour les tampons c’est une tout autre histoire. Les seuls endroits où j’en ai trouvé sont dans les pharmacies à l’exception de certains supermarchés dans les coin très touristiques. 

 

CONSEILS

  1. Discrétion en pharmacie 
    Lorsque vous demandez des tampons à la pharmacienne, vous serez forcement obligé d’y mettre de la gestuelle sinon elle ne comprendra pas ou bien elle vous cherchera des serviettes hygiéniques. Faites le discrètement, à l’abris des regards des autres clients pour lui éviter une véritable gène. Ne vous attendez pas à ce que la petite dame aille vous chercher les tampons ou vous accompagne les trouver, sauf si ils sont bien cachés, la pharmacienne préfèrera vous indiquer ou ils sont et attendre tranquillement derrière le comptoir. 

    2. Acheter « G’palemo » 

Anglais ou non, on ne pourra plus dire qu’on ne te comprend pas. Et toc.


3. FAITES LE STOCK
Acheter des boites de réserve de tampons dans la limite de ce que votre bagage tolère. En dehors dans grandes villes, les pharmacies ne courent pas les rues et celles bien approvisionnées encore moins.

4.  – pour Bouddha, + pour dame nature
Faites des offrandes à mère nature, peut être qu’elle sera cool sur le timming ? 

Et les ambassades de la consommation occidentale : Les CENTRES COMMERCIAUX ?

Vous serez même surpris de constater que même à Bangkok, dans le plus grand centre commerciale de la ville, le CenterWorld, c’est la galère. Celui où l’on se perd tellement l’offre en marques de luxe est variée et la profusion en nourriture internationales est dense, le centre névralgique de tous les occidentaux en quête de shoopping et bien MEME LA, il m’a fallut une bonne heure pour trouver des tampons. 

Derniers des étages des 7 étages, cachés parmis les 10 000 marques de serviettes hygiéniques, les tampons ! Tu les vois  ? 
Indice, c’est la plus petite boite de ton champs de vision. 

BONNE CHANCE